1. Hôtel avant 1914 - rond point des Déportés

Le Parc des libellules

Cette fois, je vous emmène sur les hauteurs de Visé.

Parcours: parc des Libellules

1. Je sors de la gare et me dirige vers la gauche, l’Avenue Maréchal Foch, puis la rue de Navagne. Je longe le chemin de fer jusqu’à la rue de la Croix Rouge.

Avant 1914, la 1ère GARE DE VISE se trouvait en contrebas du rond-point des déportés. C’était une jolie gare qui donnait sur une place entourée d’hôtels. La première ligne ferrée privée entre Maastricht et Liège fut inaugurée en 1861. De petites entreprises de transports, des minoteries, une usine de sulfate (avec la haute cheminée) et même une quarantaine pour animaux venant de Hollande voisinaient la gare. On réalisait déjà de l'intermodal (association de la voie ferrée, routière et fluviale). Une animation importante régnait près des entrepôts de cette gare qui s'avéra vite rentable pour le trafic, le tourisme et les "actionnaires" de cette ligne privée (dont le baron Rothschild). La gare fut rénovée en 1880 en un bâtiment spacieux. En 1902, un réseau de lampes au gaz fournissait l'éclairage. En 1904, il y avait trois salles d'attente selon la classe de voyageurs. Sur la place de la Gare, actuel rond-Point on comptait 3 hôtels. En 1914, cette gare allait être mise à sac par l'envahisseur allemand. Une gare provisoire fut établie au pied du remblai (au bout de la rue pavée derrière le bâtiment Keolis, en bas de la rue de la Croix Rouge). La gare « passagers » du pont fut inaugurée en 1980. »

Le pont de chemin de fer qui traverse la Meuse est appelé PONT DES ALLEMANDS. Vaste entreprise menée par l'occupant allemand en 1916 (voir plus loin)

2. la gare de Visé avant 1914 au rond point des Déportés

3. Installation du nouveau pont des Allemands 2017

4. Gare provisoire

2. Je monte la rue de la Croix Rouge, traverse la rue de Maastricht et continue vers l’allée des Acacias. Au premier virage, je m’engage dans l’escalier en face pour rejoindre l’avenue du Luxembourg, à gauche. Je passe devant la petite école et me dirige vers le carrefour : Acacias – rue de la Wade, je tourne à droite.

« Je suis dans le quartier de la Wade. A l’époque romaine, cette colline servait de poste de garde (wårder). Le chemin de la Wade conduisait au domaine de Wadrée (actuelle Ferme de La Longue Vue) avec sa tour de garde en bois. »

3. Je continue et prends la première rue à gauche : allée d’Allemagne qui me mène tout droit vers le parc des Libellules A l’entrée du parc, je passe devant des appartements construits dans des containers.

« Un des objectifs poursuivis par la Société Wallonne du logement était de mettre en œuvre un projet expérimental, comprenant de nouvelles techniques de construction, en utilisant des matériaux faciles à trouver, recyclables, et à un coût abordable. C'est désormais chose faite à Visé, où la Régionale d’habitation Visétoise a inauguré en octobre 2015 quatre logements sociaux construits à partir de 9 containers maritimes d'occasion. »

 

5. Parc des Libellules

6. Réservoir pour le chemin de fer

Ligne 24

4. J’entre dans le parc des Libellules, le chemin surplombe la ligne 24 sur la gauche et passe à côté vieux château d’eau construit par les Allemands (firme de P. Holzmann) pour alimenter en eau les locomotives.

« LA CONSTRUCTION DE LA LIGNE 24 Anvers-Allemagne passe par Visé. À cause de la résistance des Français à Verdun et des Belges à l'Yser le front s’est stabilisé dès la fin août 1914. Cela nécessite pour les Allemands des améliorations aux voies de communications pour acheminer matériel et renfort. Dès le 18 décembre 1914, l'Oberstleutnant Gröner, forte personnalité écoutée dans les débats stratégiques donne l'ordre de construire une ligne de chemin de fer durable entre Tongres et Aix Ceci implique de nombreux ouvrages d'art d'envergure dont un à Moresnet, le plus long viaduc ferroviaire en Belgique (1107m) au-dessus de la Gueule, et un autre au-dessus de la Meuse à Visé, trois viaducs plus modestes sur la Gulpe à Rémersdael , sur la Voer à Fouron-St Martin et sur la Berwinne à Berneau ; des tunnels importants seront creusés, dont le plus long tunnel ferroviaire du pays à Veurs(Fouron St Martin-Teuven) (2070 m en forme de double tunnel (voir photo ). Mais aussi celui de 795 m entre Hombourg et Rémersdael l faut y ajouter une longue liste de ponts, mais il s'agit le plus souvent de passages inférieurs (car la ligne compte très peu de passages supérieurs entre Glons et la frontière, en fait 1 seul à Hindel-Hombourg pour la nationale Visé-Aix), de longues tranchées à Berneau, à Fouron-le Comte- Warsage et à l'emplacement de la gare de formation de Montzen. Le projet décidé le 18 décembre 1914 est déjà finalisé sur plan le 20 janvier 1915. Au moment de la plus grande activité (été 1916), il y a environ 12.000 travailleurs occupés à la nouvelle ligne, principalement des Allemands, des Belges et des prisonniers russes... Certains Belges destinés à la déportation en Allemagne (ordre du 3 octobre 1916) sont attribués à la ligne. Ils viennent du Brabant wallon mais ils s'échappent dès leur arrivée sur place. La ligne est mise en service le dimanche 18 février 1917, un peu plus de 2 ans après le début de cette œuvre titanesque pour l'époque. » A. STASSEN

5. Je me promène dans le parc très bien aménagé et je sors à côté de la résidence Nelson Mandela. Droit devant, j’emprunte la rue Marcelle Martin jusqu’à la station essence.

Marcelle Martin, « C' esteut ene sicrijheuse e walon. Ses parints provnént d' Vizé.» Un festival de théâtre en wallon et une rue porte son nom à Visé."

Ferme de la croix renard - rue de Dalhem

Bois Mayanne

vers la rue du Roua

Les trois Rois et la Croix renard

6. Je traverse la rue de Berneau et suis la rue des Trois rois, qui longe le terrain d’athlétisme et le terrain de tennis.

En rappel au pèlerinage des reliques des 3 Rois Mages de Cologne. Au n°88, se trouve un potale renfermant trois petites statuettes célèbres des rois mages Gaspard, Melchior et Balthazar.

7. J’arrive au carrefour avec la rue de Mons et je continue en face sur un chemin asphalté qui se poursuit en chemin de terre jusqu’à la rue de Dalhem que je traverse pour continuer sur le chemin de terre. Avant de traverser, j’ai le regard attiré sur le toit de la ferme qui a une girouette spéciale.

A ce croisement se trouve le lieu-dit : « La croix renard". * La légende raconte un événement qui y aurait lieu chaque année le soir de Noël. À cette date, un grand renard noir apparaît au carrefour, et il ne laisse aucune trace. Ce serait le diable qui apparaîtrait furieux de la naissance de Jésus car celle-ci veut dire que les âmes vont être sauvées. Malheur donc à celui qui passerait par ce carrefour cette nuit-là car le diable voulant se venger le tuerait dans d'horribles souffrances. Une nuit de Noël, un jeune homme ne croyant probablement pas à cette histoire alla se cacher dans les buissons du carrefour, malgré les avertissements. Les villageois l’attendirent après la messe de minuit, mais il ne revint pas. Le lendemain matin on le retrouva mort, les bras en croix avec uniquement deux petites morsures dans le cou. On planta donc une croix en souvenir du malheureux qui fut trop curieux. »

La Croix Renard, au carrefour du « Chemin de la Croix Renard », marquait la séparation entre Dalhem et Visé, situé dans le Pays de Liège. Le mot « renard » vient du terme « renna » qui signifie « borne » en wallon francisé. C’était donc la limite entre les deux localités. « A cet endroit se dressait encore en 1900 la Croix Renard, haute de plus d’un mètre et épaisse de 15 cm. Elle portait un christ taillé d’une longueur d’environ 40 cm, gravé en relief dans la pierre bleue. Déjà légendaire au XVIe siècle, elle aurait marqué l’emplacement d’un crime mystérieux qui s’y serait perpétré. Cette ancienne ferme toute proche, bâtie en 1929, a tenu à imager le lieu en faisant surmonter le toit d’une girouette en forme de croix traversée par un renard courant. »

8. Je poursuis mon chemin sur 400m, et tourne à droite.

9. 600 mètres plus loin, je croise la piste cyclable qui va vers Richelle. Je continue tout droit à travers le Bois Mayanne. Le chemin parallèle à la route de Dalhem me conduit vers la Vallée des soupirs et la rue du Roua.

Cette rue doit son nom à un petit ruisseau qui dévalait les pentes de la colline. Jusqu'au 17ème siècle, la vigne était cultivée sur les versants.

A la sortie du bois, un peu plus sur la gauche, je remarque une ancienne construction de four à chaux. On a extrait le schiste alunifère, qui donnait l'alun utilisé dans la teinturerie. La vallée des soupirs tirerait son nom du bruit des soufflets utilisés pour attiser le feu qui brûlait le schiste alunifère.

Je poursuis la rue du Roua, traverse la rue de Jupille, près du garage Opel et continue jusqu’au chemin de fer. Je passe devant l’ancienne gare de SouvréJe traverse la rue de Jupille (attention au trafic) et poursuis en direction du chemin de fer. Je tourne à droite dans la promenade Meurice.

Lors de l’invasion allemande d’août 1914, l’envahisseur commet un certain nombre d’exactions à l’encontre des civils à Visé : incendies, pillages, exécutions sommaires, légende des francs tireurs,etc. Située en bord de Meuse à quelques kilomètres de l’Allemagne, la ville de Visé est l’une des premières cibles des armées allemandes. Dès le 10 août et jusqu’à la fin septembre 1914, le bourgmestre, Léon Meurice est fait prisonnier et gardé comme otage par les autorités occupantes. En 1922, il retrouve l’hôtel de ville jusqu’en 1932, année de son retrait de la vie politique, tout en menant une carrière de professeur de Mathématiques à l’Université de Liège. 

L'ancien moulin de Visé fut construit à la demande de Madame Veuve Bruyère d'Argenteau, la famille Bruyère étant active dans le domaine de la meunerie depuis 1865. Le bâtiment, construit en 1921, se dresse à l'extrémité de la rue Basse. Haut de quatre niveaux et large de cinq travées, il présente une maçonnerie en brique et calcaire sur un soubassement en moellons de grès, la dernière travée de gauche étant entièrement cimentée. Une balustrade, autrefois surmontée de globes, et deux frontons avec l'inscription «Moulin de Visé» couronnent le moulin. La plupart des baies sont rectangulaire, à linteau métallique. Des oculi ovales éclairent deux travées du dernier niveau. Le style est légèrement teinté d'Art Nouveau. L'ancien moulin est aujourd'hui reconverti en appartements.

 

10.  Je tourne longe le chemin de fer d'où j'ai une belle vue sur l'île Robinson. La promenade se termine à la gare.

Four à chaux, rue du Roua

Ancien moulin de Visé

Vue sur l'île Robinson et le pont Roi Baudouin