Vieux port de Visé

Promenade Meurice - photo MCC

Monuments aux morts - photo MCC

Visé-Richelle, d'un glacier à l'autre

Boucle : départ et retour : Visé - PamPam (glacier face à la gare SNCB)

Distance : 9.83 km Cette balade est accessible aux poussettes.

Parcours sur Komoot

Cette balade comprend une découverte du village de Richelle.

Je me suis inspirée des notes de John Knaepen, Claude Puts et des Rendez-vous de Richelle. Sur leur site vous pourrez trouver plus d'information.

Elle peut être complémentaire à la balade Bois et Vergers ou  Meuse et Forêt. Vous pouvez également ne visiter que Richelle.

1. Je démarre à côté du PamPam par la Promenade Meurice jusqu’au monument aux morts près de l’Hôtel de Ville. (suivre le GR5 jusqu'à Lorette)

La Meuse" vraie route qui marche ", décrit une légère courbe formant à Visé, un port naturel, à l'abri des glaçons en hiver, et là où une grappe d'îles brisent l'impétuosité du courant tout en facilitant la traversée. C'est à Visé que commence la Basse-Meuse, plus navigable qu'en amont, où la pente s'accentue. Visé, en somme, se trouvait là où se terminait l'utilisation facile du fleuve par les grandes barques, venant de la mer du Nord. Un commerce très actif circulait sur la Meuse ; les barques marchandes remontaient et descendaient ce beau fleuve, faisant escale dans les ports de Dinant, Namur, Huy, Liège, Visé et enfin Maastricht. Dans la vie économique du moyen-âge, les foires ont tenu une place considérable, surtout avant le développement du commerce maritime. La foire annuelle de Visé était très connue et se tenait entre l’Ascension et la Pentecôte. La compagnie des Arbalétriers de Visé maintenait la paix sur le marché et convoyait les marchands aussi bien sur les routes menant à Visé que sur les barques glissant vers son rivage. On peut affirmer que de l'époque franque jusqu'au XIe siècle, le principal élément de l'économie fut la Meuse.

 

Degrés St Martin - photo MCC

Rue Raskin Roy - photo MCC

2. Je suis la rue Basse à droite jusqu’aux Degrés St Martin qui me conduisent à la Collégiale Saint Hadelin et Saint Martin.

** Pour les poussettes, prendre la rue Raskin Roy, puis la rue Dossin jusqu’à la collégiale.

La première église de Visé daterait du 8es, mais est probablement plus ancienne. On dit que Berthe, une fille de Charlemagne y serait enterrée.

Cette église paroissiale dédicacée à Saint-Martin va voir son statut évoluer en collégiale, lors de l'arrivée du chapitre de chanoines de Celles, amenant en 1338 le précieux reliquaire de leur saint fondateur. Une petite ville, fraichement entourée de remparts (1330) les accueille et leur offre près d'un quart de la superficie pour l'installation de leur cloître.

L’église a été abimée lors des différents passages d’armées (Charles le Téméraire (1468), lors de la destruction des remparts en 1675 par les armées de Louis XIV et au début du 20e s. par un incendie allumé par les armées allemandes le 10 août 1914.) Elle a été reconstruite en 1924 -1925 par les architectes Jamar et Deshaye en style gothique. La muraille du chœur primitif (16e s.), classée, a été maintenue. La tour romane et les nefs néo-classiques ont été complètement remplacés.

Le trésor d'art religieux de l'ancienne collégiale de Visé comprend plusieurs œuvres d'art dont la principale, la châsse de Saint Hadelin date des 11e (les 2 pignons) et 12e s. (les deux longs côtés du reliquaire). Il y a aussi le buste du saint confectionné au 14e s. (la tête en bois polychrome) et restauré au 17e s. (le buste : épaule) par l’orfèvre Goesin. IL y aussi un lutrin-pélican, une dalle réalisée par le grand sculpteur Jean Del Cour...

Chapelle de Lorette - photo MCC

Découvrons Richelle

3. Je traverse devant le rond-point de l’Arbalétrier à cheval.

4. Je me dirige à gauche, vers la rue Porte de Lorette. J'emprunte l'escalier jusqu’à la chapelle.

**Pour les poussettes, monter sur le trottoir jusqu’au plateau.

Je longe le cimetière sur la droite et rejoins la piste cyclable qui me conduit à Richelle.

Au moyen-âge, Richelle possède sa cour de justice on y traite les affaires de coups, différents portant sur la propriété d’un bien, fraudes, problèmes d’héritages, de dettes, le tout débouchant la plupart du temps sur des amendes à payer, la plus importante s’élevant à trois vaches. Les assemblées se tiennent à la nouvelle et à la pleine lune. Richelle se constitue en paroisse en 1287.

5. Arrivée au carrefour du glacier Hugo, je poursuis ma route vers la rue de Housse.

arbre remarquable: rue de Richelle, un tilleul de Hollande au Calvaire, croisement avec la rue de l'Oseraie (juste avant le glacier Hugo)  

6. Je prends la première à droite clos des Clawtis, je rejoins la rue Hahelette que je prends vers la droite.

Clawtis (cloutiers en wallon) évoque ce métier d’autrefois fort populaire à Richelle où des gens fabriquaient des gros clous avec des métaux provenant de la sidérurgie liégeoise. Ces clous étaient principalement destinés à l’industrie naval néerlandaise.

Cour d'Aix - photo MCC

Le Béguinage - photo MCC

7. Première rue à droite : rue du Flot, puis la 1ère rue à gauche : rue Marie Popelin m’amène rue de la Vouée Juetta.

Le "flot" était un grand étang situé devant les fermes du village : la campagne du flot se situe à partir de cet endroit en direction de Dalhem

Marie Popelin, née le 16 septembre 1846, à Schaerbeek et morte le 5 juin 1913 à Ixelles, est une juriste, institutrice, directrice d'école et féministe belge. Elle est la première femme docteur en droit de Belgique, en 1888.

En 1889 et 1890, le refus des juridictions belges de lui faire prêter le serment d'avocat en raison de son sexe est à l'origine de l'affaire qui porte son nom et de la création, en 1892, de la Ligue belge du droit des femmes.

8. J’arrive dans la rue de la Vouée Juetta et face à moi se dresse

l’ancienne COUR D’AIX, jadis siège de la cour de justice de Richelle conserve encore au rez-de-chaussée les vestiges d’une ancienne chapelle. Au fronton du portail, relevons la date 1671. Les fenils en furent dévastés par un incendie en 1965. Elle accueille maintenant des chambres d’hôtes.

Le voué est un métier relatif aux terres ecclésiastiques : en vertu du droit canon, le seigneur ecclésiastique ne peut exercer de sentences criminelles, ce rôle est alors attribué au voué, juriste faisant respecter les droits des religieux d'Aix-la chapelle, qui possédaient des terres à Richelle. Le métier de voué fut, vers 1330, tenu par une dame, appelée Juetta.

 9. Je m’engage vers la gauche.

sur la gauche, en face de la table d’hôtes, un ancien béguinage.

Avant de m'engager dans la rue Foresterie, je passe devant l’ancienne maison communale / école communale qui abrite maintenant des chambres d’hôtes. Je longe ce bâtiment. Un peu plus loin, la rue est légèrement déviée. 

C'est l'idée de Monsieur Puts, pour sauver ce chêne remarquable des tronçonneuses. 

Au carrefour suivant, la maison faisant le coin à gauche est la plus ancienne du village. 

Dénommée Fissette - van Weerts, c’est une belle demeure en style mosan du XVIIème siècle (1674), construite en moellons. Au pignon se trouvait naguère un vieux Christ en bois sculpté. Il y a un siècle, c’était un café.

❤  arbres remarquables:

rue des Hauteurs 22, un chêne pédonculé et un tilleul à feuilles de vigne

rue des Hauteurs 26, un sequoia géant. Il aurait été planté vers 1850. Il a servi de point de repère au Fort de Pontisse durant la guerre 14 - 18. Un obus de ce fort l'étêtat.

Chêne remarquable - photo MCC

vieille maison de Richelle

tilleul remarquable - photo MCC

séquoia remarquable - photo MCC

Cours de Justice

11.  J’arrive sur la place du village.

De l’autre côté de la rue, une ancienne pompe. À l’époque où il n’y avait pas de système de distribution d’eau, elle était la pompe principale pour en obtenir. À droite de la pompe, un imposant porche mène à une ancienne cour de ferme, dénommée ‘château de Richelle’ (à ne pas confondre avec le château d’Argenteau).

Cet ancien bâtiment du 18ème siècle est cité en cet endroit en 1552.

Dans le parc, se trouve un séquoia de plus de 30m de haut. La cime en a été étêtée par un obus du fort de Pontisse en 1914. 

La place Cour de Justice porte ce nom car c’est le lieu où était rendue la justice locale.

Sur la gauche, datant de 1745, la ferme d’Odémont de Wadeleux, c’est dans ce bâtiment qu’était autrefois donnée la basse justice (les méfaits légers). Le terme ‘enfermer’ provient de l’action de retenir le suspect dans la ferme dans l’attente de son procès.

À gauche du porche, une croix dénommée croix d’occis, terme désignant les croix érigées lors d’un décès tragique. Lors de la fête de septembre 1663, c’est le curé de Richelle qui perdit la vie en tentant de séparer des belligérants. Les Richellois cachèrent ensuite le corps de peur de perdre le droit de messe.

En face de la ferme, un ancien bâtiment d’habitation disposant d’un porche d’entrée. C’était un maréchal-ferrant qui y travaillait autrefois. Son porche permettait de travailler au sec.

12. Je descends vers l’église et découvre face à face deux salles publiques qui témoignent des clivages d’antan.

À gauche, la salle de la Jeunesse fut érigée en 1927 par les habitants « catholiques ». L’année suivante, en face, la salle Notre Club fut construite par les Richellois socialistes.

À droite, une très ancienne maison dont la grange a accueilli autrefois une brasserie et une siroperie.

La pompe du château de Richelle - photo MCC

Cour de Justice - photo MCC

Croix des occis - photo MCC

13. Je continue jusqu’à l’entrée de l’église qui date de 1777 et est dédiée à St Firmin.

À gauche, l’ancien presbytère.

L’ancien cimetière contourne l’église et offre une belle vue sur la vallée de la Meuse. En contournant l’église, je reviens vers une petite chapelle dédiée à la famille van Zuylen, famille qui connut des personnalités comme un bourgmestre de Richelle, d’Argenteau, et un évêque de Liège (qui repose dans la cathédrale de Liège).

À sa droite, une autre tombe de notables.

14. Je descends le chemin qui borde le cimetière par la droite. Il porte le nom de chemin des Stas de Richelle en référence à une ancienne famille.

Au bas du chemin, je traverse prudemment la rue de Richelle et entre 20m plus haut dans la Cour Matisse. Au fond de celle-ci, j’emprunte le petit escalier qui aboutit Sur la Carrière.

vue sur la Meuse - photo MCC

angle de la fermette - photo MCC

chapelle St Antoine - photo MCC

Chapelle Notre Dame aux champs - photo MCC

15. Je passe devant une ancienne maison datant du 19ème siècle, elle est une des rares fermettes de Richelle.

❤ A l'angle de celle-ci, je découvre une colonne, mais n'en connais pas l'origine. 

Dans le virage sur la droite, je découvre une petite chapelle dédiée à Saint-Antoine, le patron des causes perdues. Cette chapelle fut autrefois érigée en remerciement pour des prières exaucées par les habitants d’en face dont la fille, Marguerite Bock, avait survécu à une grave maladie.

16. Je poursuis cette route vers la gauche, qui me ramène à Visé. Un peu plus loin, à gauche, une petite rue mène au chemin du Facteur qui descend dans les bois.

17. Je continue Sur la Carrière, peu après le rond-point, je m’arrête sur un point de vue sur la vallée de la Meuse et les aménagements du Trilogiport. Derrière moi, dans la haie de lauriers-cerises, je découvre une petite chapelle dédiée à Notre-Dame des Champs. 

Visé vu des Roches - photo MCC

four à chaux - photo MCC

Moulin Bruyère - photo MCC

18. Je rejoins Visé par Les Roches, la rue du Roua.

 Cette rue doit son nom à un petit ruisseau qui dévalait les pentes de la colline. Jusqu'au 17ème siècle, la vigne était cultivée sur les versants. Plus tard, on y a extrait le schiste alunifère, qui donnait l'alun utilisé dans la teinturerie. La vallée des soupirs tirerait son nom du bruit des soufflets utilisés pour attiser le feu qui brûlait le schiste alunifère.

19. Je traverse la rue de Jupille (attention au trafic) et poursuis en direction du chemin de fer. Je tourne à droite dans la promenade Meurice. Lors de l’invasion allemande d’août 1914, l’envahisseur commet un certain nombre d’exactions à l’encontre des civils à Visé : incendies, pillages, exécutions sommaires, légende des francs tireurs,etc. Située en bord de Meuse à quelques kilomètres de l’Allemagne, la ville de Visé est l’une des premières cibles des armées allemandes. Dès le 10 août et jusqu’à la fin septembre 1914, le bourgmestre, Léon Meurice est fait prisonnier et gardé comme otage par les autorités occupantes. En 1922, il retrouve l’hôtel de ville jusqu’en 1932, année de son retrait de la vie politique, tout en menant une carrière de professeur de Mathématiques à l’Université de Liège.

20. Je passe devant l'ancien moulin Bruyère, et poursuis jusqu'à la gare. j

L'ancien moulin de Visé fut construit à la demande de Madame Veuve Bruyère d'Argenteau, la famille Bruyère étant active dans le domaine de la meunerie depuis 1865. Le bâtiment, construit en 1921, se dresse à l'extrémité de la rue Basse. Haut de quatre niveaux et large de cinq travées, il présente une maçonnerie en brique et calcaire sur un soubassement en moellons de grès, la dernière travée de gauche étant entièrement cimentée. Une balustrade, autrefois surmontée de globes, et deux frontons avec l'inscription «Moulin de Visé» couronnent le moulin. La plupart des baies sont rectangulaire, à linteau métallique. Des oculi ovales éclairent deux travées du dernier niveau. Le style est légèrement teinté d'Art Nouveau. L'ancien moulin est aujourd'hui reconverti en appartements.